S'il y a une question que le physiothérapeute se fait souvent demander, c'est bien celle-là. Question simple pour laquelle on s'attend à une réponse simple. Mais la question du chaud et du froid suscite beaucoup de controverses dans la littérature scientifique et médicale. En effet, il y a beaucoup d'écoles de pensées. Je vais vous offrir ici un résumé des points importants à se souvenir pour tenter d'utiliser adéquatement ces modalités thérapeutiques.
La chaleur
La chaleur cause une vasodilatation des vaisseaux sanguins, donc augmente la circulation sanguine. Ceci favorise le transport de l'oxygène et des éléments nutritifs aux muscles et autres tissus. Ceci favorise également l'évacuation des toxines qui peuvent s'accumuler dans les tissus. En bout de ligne, cela permettra d'améliorer le processus de guérison. Toutefois, il faut être conscient que la vasodilatation peut augmenter l'inflammation. Ainsi, la chaleur est indiquée dans les cas de vieilles raideurs, de courbatures reliées à une mauvaise posture ou au stress.
Le froid
Le froid, en diminuant la température de la peau, va ralentir tout ce qui s'y déroule. Donc diminution de conduction nerveuse (anesthésie), diminution de la circulation sanguine et production des enzymes reliées à l'inflammation (effet anti-inflammatoire). Ainsi, il est parfaitement approprié d'appliquer de la glace sur toute blessure fraîche, ou toute condition où on soupçonne un processus inflammatoire, comme une poussée d'arthrite. À éviter s'il y a une réaction douloureuse exagérée au froid, syndrome de Raynaud, ou encore s'il y a une plaie à la surface de la zone à couvrir.
L'inflammation
Mais comment reconnaître l'inflammation? Les signes typiques de l'inflammation sont: gonflement, rougeur et chaleur. Une combinaison de ces signes accroissent la possibilité de la présence d'un processus inflammatoire. La douleur est également un symptôme non négligeable. Au niveau de la colonne, comme les articulations sont relativement profondes, il est rare de percevoir ces signes. Les gens parlent souvent d'un gonflement mais ce dernier est plus souvent attribuables à un tonus musculaire accru. Ainsi, une douleur importante et spasmes musculaires seront également des indices de la présence de l'inflammation.
Les bains contrastes
On peut également utiliser une combinaison de chaud et de froid dans les problèmes aux extrémités où il y a un gonflement persistant non inflammatoire, comme par exemple dans le cas d'une entorse à la cheville qui traîne. Le but est d'activer la circulation sanguine et favoriser un retour veineux et lymphatique. Idéalement, à combiner avec des exercices circulatoires, les principes d'élévation et des massages de type draînage lymphatique.
En conclusion
Donc, on peut recourir au froid pour toute blessure récente ou si on soupçonne présence d'inflammation. La chaleur s'il y a des raideurs non inflammatoires ou suite au froid pour favoriser la guérison lorsque l'inflammation s'est dissipée. En cas de doute, on risque moins de se tromper avec le froid. Et dans les cas ni très récent ni très chroniques, on peut toujours se permettre de tenter l'approche essai et erreur. Votre corps devrait être en mesure de vous dire se qu'il préfère.